"L’IEMD s’impose comme une référence qui propose aux entreprises une palette de compétences et des cursus de professionnalisation adaptés. Les nouvelles technologies, l’évolution du mode de consommation des medias entraînent une remise en question profonde des métiers du marketing direct, plus que jamais les besoins des entreprises seront au cœur de nos réflexions."
Nathalie Andrieux, Présidente de MEDIAPOST Communication, Présidente de l’IEMD (2010-2013).
6 mai 2013
e-commerce Formation et emploi IEMD Parole d'ancien, projets d'avenir Portrait
Thomas est issu de la promotion 2007 du Magistère de Marketing Direct.
Alors qu’il se destinait plutôt à des métiers du secteur de l’événementiel, intéressé par les soirées et événements qu’il organisait dans le cadre du BDE de l’IUT (Technique de commercialisation), il s’aperçoit combien les opportunités professionnelles du secteur sont limitées.
Son professeur de marketing direct lui conseille alors de passer le concours pour intégrer le Magistère MD à l’IAE de Lille.
Mon premier stage… Mon premier stage c’était à l’APIM, je ne sais pas si vous connaissez, c’est plus connu par le monde professionnel.
C’est un organisme pour la promotion de Lille Métropole, qui fait la promotion du territoire, des pôles de compétences et des savoir-faire régionaux (du pôle de compétence du territoire à la création d’emploi).
Ils sont divisés en cellules, une personne s’occupe de la logistique, l’une du ferroviaire, l’autre des nouvelles technologies, etc…
J’ai intégré cette société pour mettre en place une démarche de marketing direct. En fait ils envoyaient un mailing papier à tout leur fichier, ils avaient acheté les droits d’une base de données d’entreprise et ils envoyaient le même mailing à tous leurs contacts…
Mon rôle était de segmenter le fichier, faire ressortir les adresses qu’il fallait, par typologies d’entreprises, créer un mailing différent et des accroches différentes pour chaque cible.
A l’issue du stage ils m’ont proposé de rester en CDD en marge des cours, une situation assez particulière…. J’avais un contrat de 8h à 12h par semaine et j’ai ainsi pu continuer mes actions. Cela m’a plu car ça me permettait de garder un pied dans le monde de l’entreprise.
Mon deuxième stage s’est déroulé en agence web, chez Touche Etoile. Cette agence s’occupe de la promotion des marques sur internet, notamment via des jeux concours et des opérations de remboursement de produit. Je suis arrivé chez eux en tant que chef de projet web, et à la fin de mon stage je leur ai proposé de faire comme avec l’APIM : de continuer en CDD. Ils m’ont proposé un contrat en marge de mes études, je me suis en quelques sortes créé mon système d’alternance.
Je n’ai pas effectué de troisième stage puisque je suis parti en Australie les 5 derniers mois du cursus et j’ai fini mes études là-bas. Cela m’a permis d’obtenir un double diplôme.
Juste avant de partir, le patron de Touche Etoile m’avait dit que potentiellement il y aurait peut-être encore de la place pour moi dans l’agence en tant que chef de projet. J’ai donc repris contact avec eux, malheureusement ce n’était pas bien parti, il n’y avait plus de poste. Donc je me suis mis à chercher du boulot en tant que chef de projet. En cours de route Touche Etoile m’a contacté pour me dire qu’au final, un poste se libérait.
Je suis revenu d’Australie en juillet, j’ai cherché du boulot pendant 1mois et demi, j’ai passé des entretiens… Au final soit j’allais chez OptIn Solution (business unit du groupe Oxygem) soit chez Touche Etoile où j’avais le poste… J’ai fait le choix de Touche Etoile. En septembre je travaillais. Ça a été très rapide. J’ai eu de la chance là-dessus !
Chez Touche Etoile j’ai travaillé un an comme chef de projet, puis six mois comme directeur de clientèle. Puis j’ai été débauché par un cabinet de recrutement pour intégrer une autre agence avec laquelle j’ai collaboré un an et demi…
C’est avec le directeur de cette agence que l’on a décidé de monter un cabinet conseil pour se démarquer des agences traditionnelles, et apporter un réel conseil indépendant aux entreprises. On a alors créé CoJT, c’était en janvier 2011.
Je déplace tous les jours les blocs de mon agenda ! (rires). En fait, je n’ai pas réellement de journée type parce que je suis partagé entre mon métier de consultant et celui de chef d’entreprise qui est complémentaire.
Concernant la répartition du travail je passe 50% de mon temps en déplacement chez les clients, 20% du temps à travailler dans nos locaux en travail préparatoire pour les clients, 10% à faire du réseau, 10% en pilotage de la boite et 10% de gestion administrative.
A l’époque je n’ai pas eu beaucoup de cours sur le Web, les cours étaient principalement axés sur le Print et sur les bases de données. C’est donc mon passage chez Touche Etoile qui m’a donné le goût du Web. Au départ, j’étais là-bas pour un travail plus orienté marketing et études de marchés… Et grâce à un concours de circonstances et à la confiance que m’accordait le directeur de l’agence, j’ai pu remplacer une des chefs de projet de l’agence.
Voilà comment tout a commencé, j’ai mis un pied dans le web et c’était parti !
On notait il y a quelques années une évolution de 30% à 40%, aujourd’hui il y a un petit ralentissement, c’est un peu moins « neuf ». Mais c’est un secteur qui évolue toujours : avec la notion de mobilité et les tablettes par exemple. C’est un marché encore en évolution. Il sera vraiment mature lorsqu’on verra toutes les entreprises posséder une application ou un site mobile comme aujourd’hui elles possèdent (presque) toutes un site internet.
C’est un milieu qui s’est de plus en plus spécialisé. Alors qu’avant on trouvait des entreprises qui faisaient tout, aujourd’hui, il y a des spécialistes du référencement, des réseaux sociaux, de l’Adwords, de l’affiliation, de Prestashop…
Les métiers se sont de plus en plus spécialisés et des boîtes se sont construites autour de ces différentes expertises.
Dans la vie globalement tout est question d’opportunités, de chance, de rencontres…
Un éditeur lançait une collection appelée « Tout savoir sur… » et il cherchait quelqu’un pour parler du e-commerce. Un contact commun nous a présentés. Le courant est passé tout de suite.
J’ai bien sûr accepté parce que c’était un challenge intéressant que je n’avais jamais relevé et puis c’était aussi une manière de me faire connaître différemment auprès de mes confrères.
Nous nous sommes dit que si on faisait un livre c’était aussi pour apporter quelque chose de nouveau. Nous ne voulions pas faire un livre « bateau » avec uniquement des concepts de marqueteurs.
Nous avons voulu écrire un ouvrage aussi pragmatique que les conseils qu’on donne à nos clients tous les jours. Nous avons construit ce livre de manière simple, comme un guide pratique avec les bonnes et les mauvaises choses à faire. Nous mettons en garde les lecteurs sur les pièges à éviter en leur disant « si vous pensez de telle manière attention le piège, le danger ou l’erreur c’est celui ou celle-là » et nous leur proposons de penser plutôt de telle ou telle manière.
La particularité de ce livre c’est qu’on y trouve également le point de vue des annonceurs ce qui permet d’avoir des retours concrets. Nous sommes consultants et il nous a paru indispensable de montrer également l’autre côté de la barrière.
Oui, c’est important à nos yeux. On nous fait souvent la réflexion en nous disant que paradoxalement en étant dans le web nous écrivons un livre ! Il est vrai que le problème du livre c’est qu’on ne peut pas renouveler les témoignages tous les jours. Donc plutôt que d’attendre la seconde édition, une troisième, et peut être potentiellement même de ne jamais en avoir parce que tout dépend des ventes, on s’est dit qu’on allait faire un site internet en complément du livre. Cela nous permet ainsi de diffuser des témoignages sans attendre la sortie des mises à jour du livre. Et sur le site, le nombre de témoignages n’est pas limité.
Nous n’avons pas encore eu beaucoup le temps pour cela, mais on aimerait développer l’interactivité sur notre site. L’objectif étant que des annonceurs, agences, mêmes des concurrents viennent poster leurs avis. Le but du site comme son nom l’indique « L’observatoire du e-commerce », c’est donc d’avoir un œil global sur ce qu’il se passe dans le e-commerce.
Tout d’abord il y a quand même beaucoup de choses qui ont évolué, on n’est pas loin en termes d’âge mais mine de rien on ne vit pas la même chose. Par exemple, à mon époque, il n’y avait pas d’ordinateurs en cours et maintenant il n’y a pas un seul élève sans son ordinateur ou sa tablette.
En ce qui concerne la formation en elle-même, pour moi c’est une très bonne formation. J’avais bien aimé les intervenants externes qui apportaient un regard très intéressant et très pragmatique. C’est d’ailleurs ce que j’essaie d’apporter moi aussi dans les cours que je donne à l’IAE. Ensuite, c’est une formation qui ouvre beaucoup de portes au niveau des stages grâce à sa réputation solide.
C’est aussi une formation qui permet le transfert du monde étudiant vers le monde professionnel. Et même si les promos ne sont pas énormes (40 personnes environ par promotion) cela fait quand même déjà un premier réseau et c’est ce qui est important dans le métier.
Je me souviens, lorsque j’ai débuté chez Touche Etoile on m’a dit « ton premier client c’est Leroy Merlin » j’ai regardé le nom de la personne avec qui je devais travailler et c’était une personne de la promo juste au-dessus de moi ! Ensuite on m’a dit « on vient de décrocher Décathlon tu vas travailler avec telle personne » et il s’agissait d’une amie de ma promotion ! En fait on se rend compte que globalement, plus tard, la moitié va partir chez l’annonceur et l’autre moitié en agence et donc vous allez travailler tous ensemble.
Le premier conseil est de se nourrir de tout ce qu’on peut entendre, voir et d’être curieux. Je peux concevoir qu’on n’aime pas aller dans certains cours mais il est important de rester ouvert à tout. Si vous êtes passionnées de e-commerce vous devez être curieux, aller sur des blogs, lire des livres sur le sujet. Par exemple : vous inscrire sur la plateforme Adwords pour lancer une campagne test avec quelques euros juste pour voir comment ça marche.
Le deuxième c’est de prendre conscience que vous commencez à devenir professionnel et donc d’essayer de réagir plus en tant que professionnel qu’en tant qu’étudiant. Comme je le disais juste avant, vos camarades de classe sont votre premier réseau et il est fort probable que plus tard vous les retrouverez dans le monde du travail…
Le troisième c’est de ne pas être négatif, vous n’avez pas l’âge pour ça et moi non plus d’ailleurs. Se dire que c’est la crise, qu’il n’y a plus de boulot… C’est un fait et on le sait. Forcément, si vous ne vous préparez pas et que vous arrivez en entretien sans connaître la boîte, le nom de la personne, qui sont ses clients et quelques notions de e-commerce ; la personne d’à côté va être plus forte que vous. Par contre si vous avez bien travaillé votre entretien, pourquoi lui serait pris et pas vous ? Pourquoi la boîte que vous voulez monter ne se monterait pas alors que celle d’à côté s’est montée ? Il faut être positif. Vous êtes la génération qui doit me forcer moi à aller encore plus loin chercher l’information. Vous devez venir compléter les générations d’au-dessus et montrer que vous avez une plus-value.
Propos recueillis par Benoît Scattorali & Julien Jaluzet, étudiants en 3ènne année de Licence MMD, IAE Lille 1.
*« Comment réussir son site e-commerce », par Thomas Bourghelle & Jean-Philippe Wozniak, sous la direction d’Henri Kaufman, Editions Kawa
Site Internet www.cojt.fr et http://www.observatoire-ecommerce.com/